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Le Centre Protestant de Rencontre
Histoire du centre
Extrait de l'ouvrage d'Isabelle Grellier,
"Centres de Rencontres et paroisses, quelques tentatives pour
une église ouverte", paru en novembre 1987 et édité
par la Commission Générale d'Evangélisation
de l'Eglise Réformée de France
Historique
Lorsque la ville nouvelle de
Cergy-Pontoise a été créée, la paroisse
a décidé de s'y implanter, dans une perspective largement
ouverte sur la cité. Le projet a été soutenu
par le Conseil Régional et la Commission Régionale
d'Evangélisation de l'Eglise Réformée de France.
Un bâtiment a été construit en 1975.
Une fraction de la communauté de Pontoise a refusé
cette optique d'un centre et une scission s'est faite. Certains
paroissiens préférant se rencontrer dans des locaux
à Conflans Sainte-Honorine. Après une période
où l'ouverture sur la cité prédominait, aujourd'hui
le Centre évolue vers une perspective plus paroissiale :
la population de la ville s'étant installée, les demandes
de prestation des services habituels d'une paroisse se font plus
nombreuses.
Objectifs
La volonté de départ était d'accueillir largement
les non-protestants et de participer pleinement à la vie
de la ville nouvelle, en particulier à la construction de
la vie associative. Le pari a, semble-t-il, été tenu,
plusieurs assocaitions ont pris naissance et se sont réunies
pendant une période dans le centre. Cette ouverture sur la
cité reste un des objectifs principaux du centre.
Un autre souhait est de réaliser une forme de vie communautaire
plus joyeuse : les protestants sont trop tristes, dit le pasteur-animateur
Jean-François Faba, il faut "inventer une communauté
qui ait plaisir à se retrouver" et retrouver le sens
de la fête.
Structures
L'Association pour l'animation du Centre protestant de rencontre
de Cergy est une assocaition cultuelle, régie par la loi
de 1905 mais qui, pour des raisons de forme n'est pas reconnue comme
telle par l'ERF. C'est son affiliation à la Société
Régionale d'Evangélisation de l'Ile de France qui
lui confère une existence juridique. Deux associations ont
été créées dès l'origine pour
gérer les activités qui ne sont pas directement cultuelles,
le DERFAC pour le diaconat et l'AJVO pour les activités jeunesse.
C'est cependant surtout le centre qui est connu dans la ville.
Il n'y a pas un centre qui fonctionnerait à côté
d'une paroisse mais plutôt une "paroisse-centre",
dirigée par un conseil presbytéral dont le permanent
est à la fois pasteur et animateur. Un retraité habite
aussi sur place et assure l'accueil.
Activités
Outre les activités classiques d'une paroisse, le Centre
Protestant de Rencontre assure dans la ville une action sociale
importante, par l'intermédiaire de son diaconat. Celui-ci
porte tout particulièrement à l'heure actuelle le
souci des chômeurs : deux permanences sont organisées
chaque semaine pour les écouter et les aider dans leur recherche
d'emploi. Le Centre tient un vestiaire et il assure des distributions
de vivres en liaison avec la Banque alimentaire. A côté
de l'aide matérielle, l'équipe essaye de favoriser
les possibilités de contacts.
Le DERFAC organise aussi des débats, une vingtaine de personnes
y vient. L'AJVO regroupe les activités pour la jeunesse :
l'école biblique et le catéchisme, le scoutisme et
une petite colonie de vacances. Cette associatione est aussi responsable
du jumelage avec une paroisse allemande. Les responsables du Centre
estiment que cette association peut offrir un lieu où l'on
peut discuter des problèmes de l'animation jeunesse de façon
un peu générale et de permettre qu'un lien soit établi,
par exemple, entre le catéchisme et les activités
de scoutisme.
Le Centre ne propose pas des animations de loisirs ou du soutien
scoalire puisque la maison de quarier voisine s'en charge.
Les relations avec l'Eglise
Il est impropre de parler des relations de la paroisse avec le
Centre puisqu'il n'y a aps deux entités distinctes mais une
seule réalité : ce sont les mêmes personnes
qui sont présentes dans les trois associations et l'animation
jeunesse, comme le service social, sont parties intégrantes
du projet de l'assocaition cultuelle.
Cette façon de concevoir la communauté paroissiale
a aussi des répercussions sur la vie cultuelle, plsu libre
à l'égard des habitudes protestantes. "Ce qui
nous différencie des paroisses", estime Jean-François
Faba, le pasteur en 1987, "c'est que nous n'avons pas le poids
de la structure réformée : la prédication est
parfois remplacée par un débat, on ne met pas de robe,
c'est un autre état d'esprit..."
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Histoire des protestants de Conflans
Récit d'une paroissienne qui a connu toutes les transformations
de la communauté de Pontoise, Conflans et Cergy
Je commence en 1931, à
partir du moment où mes parents sont entrés dans l'Eglise,
car je ne suis pas au courant de ce qui s'y passait auparavant.
Conflans appartenait déjà à la paroisse de
" Pontoise, Conflans et environs ". Le pasteur s'appelait
alors Olivier Martinesque. Les cultes avaient lieu à l'époque,
deux fois par mois, dans une pièce d'une petite maison construite
dans le jardin de M. et Mme Dujonc, des adventistes amis qui nous
la prêtaient. Dans le jardin, parfois, nous entendions des
enfants qui jouaient, en visite chez leurs oncle et tante, et parmi
eux se trouvait, sans que nous nous en doutions, quelqu'un que nous
avons connu au temple de Pontoise, beaucoup plus tard, et qui n'était
autre que M. Paul Gilbert.
L'Ecole du jeudi se faisait régulièrement dans le
salon d'une paroissienne, Madame Scherer, où se regroupaient
une dizaine d'enfants de 6 à 12 ans dans une atmosphère
gaie et détendue.
Les fêtes avaient lieu habituellement au temple de Pontoise,
rue Thiers, et là, tous les membres de la paroisse' se rencontraient.
Une fois par an, nous nous rendions tous à Boissy-l'Aillerie
pour la sortie de fin d'année, dans une propriété
qui appartenait à l' "Union Chrétienne de Jeunes
Filles " de la rue de Naples, à Paris, (rachetée
plus tard par " l'Association Béthel "). Ce dimanche
était apprécié par tous, petits et grands,
ainsi que par des amis étrangers à notre Eglise venus
se joindre à nous. Des jeux variés étaient
organisés. Nous pouvions profiter des terrains de tennis
et de volley-ball dans ce grand espace qui n'existe plus maintenant.
M. et Mme Bogniol nous y accueillaient en toute amitié. Les
jeunes s'ébattaient et les moins jeunes pouvaient se reposer
dans les chaises longues, à moins qu'ils ne participent aux
jeux. Nous pique-niquions sous les grands arbres ; et l'après-midi
les jeunes jouaient des saynètes, préparées,
en principe, avec Mme Martinesque au cours des réunions de
jeunes filles, " La Bonne Amitié ", lorsque nous
étions plus grandes. L'après-midi se terminait pat
la Vente et la loterie traditionnelles. Le soir tout le monde se
félicitait de cette magnifique journée.
Nous nous retrouvions aussi au grand " Rassemblement de Jeunes
d'Ile de France ", tous les lundis de Pentecôte au Château
du Val, dans la forêt de Saint-Germain-en Laye.
En 1937-38, M. Martinesque partant à la retraite, fut remplacé
par Henri de Tienda, jeune pasteur, marié et père
de jeunes enfants. Il a voulu donner plus d'autonomie en louant
une petite maison de bois, avec jardin, où toutes les activités
pouvaient avoir lieu. A son arrivée, " La Bonne Amitié
" a été remplacée par une réunion
de jeunes, garçons et filles, et ce groupe s'est étoffé
jusqu'à une trentaine de participants. Pendant les beaux
jours de printemps et d'été nous faisions de grandes
randonnées à bicyclette avec le pasteur et des parents
qui s'amusaient beaucoup au milieu de toute cette jeunesse qui n'engendrait
pas la morosité. Naturellement l'hiver nous nous réunissions
à l'intérieur. Nos jeux et nos chants étaient
animés et joyeux.
Il y avait aussi à l'époque des études bibliques
et une chorale, ainsi que des réunions de dames qui préparaient
la Vente en confectionnant des ouvrages divers.
Puis nous sommes entrés dans une période très
difficile car la guerre a privé la paroisse de son pasteur.
Quelques hommes encore jeunes ont été mobilisés.
Il a fallu pallier à ces absences. En intérim est
arrivé un jeune pasteur suisse, Henri Werlen. Il est resté
plusieurs mois, essayant de maintenir le troupeau. Bien qu'apprécié
il a trouvé plus judicieux de partir, car il avait été
victime de sa jeunesse, et faisait l'objet de trop d'attention de
la part d'une certaine personne. Mme de Tienda faisait l'impossible,
voulant assumer coûte que coûte sa tâche de femme
de pasteur. Elle se déplaçait à bicyclette,
malgré ses obligations familiales et sa santé délicate,
aidée par les paroissiens. Les cultes ont toujours été
assurés grâce aux pasteurs des environs et des laïques
de la paroisse. .L'école du jeu et du dimanche ont toujours
fonctionné avec Mme Vilardell, monitrice. H. de Tienda avait
jugé qu'elle en était apte, et l'avait formée
dans cette intention.
Puis, après une période appelée " la drôle
de guerre " suivie de " l'exode " et de l'armistice,
ce fut la démobilisation et l'occupation. Le pasteur a pu
reprendre ses fonctions, mais certaines activités sont devenues
plus difficiles à gérer : les années passant,
les jeunes se sont mariés, et même dispersés.
Je me souviens d'un arbre de Noël à Pontoise, sous l'occupation,
où nous étions tous allés, les jeunes en tête,
à travers champs, dans la neige. Le trajet s'est effectué
dans les rires. Nous restions tous joyeux, malgré les circonstances.
Malgré ces circonstances peu favorables, la petite maison
s'est avérée trop exiguë et un local plus central
et plus spacieux a été loué en face de la mairie.
Quelque temps après la guerre, Mme de Tienda a mis au monde
un autre enfant, elle est tombée gravement malade, et n'a
pas survécu longtemps ; puis ce bébé est décédé
également, sans doute de la même maladie. Ce fut une
rude épreuve pour notre pasteur ; il fut si éprouvé
qu'il lui a fallu prendre du repos. Il est donc parti quelques mois
à Copenhague, ses enfants étant sous la garde d'une
tante. Ce fut encore une période difficile pour la paroisse.
Chacun a été obligé de faire des efforts pour
qu'elle puisse se maintenir. A son retour le pasteur nous a annoncé
qu'il avait rencontré une femme qu'il jugeait capable de
s'occuper de ses trois enfants, des bambins, ne pouvant pas s'en
charger étant seul de les élever, et elle a accepté.
C'était Mady. Puis ils se sont mariés. Enfin, notre
pasteur a quitté la paroisse pour fonder avec Mady une association
: le " Sercinev ", service d'évangélisation
par le cinéma. Ils y travaillaient ensemble.
haut de la page
Après le départ d'Henri de Tienda, Léonce
Cornette lui a succédé. Les activités ont repris.
C'était beaucoup plus calme. Il fallait faire bien des efforts
pour animer, au moment des fêtes, et créer des occasions
de rencontrer les amis de Pontoise. Les paroissiens restaient toujours
très proches, formant une grande famille. Je me souviens
d'une réunion récréative, pour laquelle Paulette,
ma sur, et son mari, Pierre, avaient eu l'idée de monter
une petite pièce : " Ce pauvre Desbonnet ", de
Max Régnier, chansonnier de l'époque. La pièce
était inénarrable, les artistes improvisés
étaient extraordinaires et ont eu beaucoup de succès.
Puis, vint René Péclard, vers 1960. C'était
un homme très dynamique et très sensible. Il était
aimé ; certains ont eu du mal à s'habituer à
ses démonstrations d'amitié et sa spontanéité
; il était toujours plein d'enthousiasme. Cela ne nuisait
pas à son rôle de pasteur. Le groupe de Conflans prospérait,
notre local commençait à ne plus être adapté
aux besoins de la communauté et de plus, le loyer avait augmenté
de façon exorbitante. M. Péclard cherchait une solution,
et retournait le problème avec les conseillers ; ils ont
fini par se demander s'il ne valait pas mieux construire une petite
chapelle. C'était un projet un peu audacieux. Mais peu à
peu l'idée qui avait germé a été retenue
par l'ensemble des participants. Après bien des renseignements,
des démarches ont été effectuées auprès
de la municipalité et du Conseil Régional de l'ERF.
Notre maire, Eugène Berrurier, heureux d'aider les protestants,
a proposé de nous louer un terrain pour un franc symbolique,
avec l'accord de ses conseillers. Il ne restait plus qu'à
trouver le style de la construction, le moins cher possible pour
nous, et le constructeur. Tout compte fait, un préfabriqué
ferait bien l'affaire ; et en empruntant, les mensualités
ne devraient pas être beaucoup plus importantes que le loyer
actuel. Avec une aide très probable du Conseil Régional
de l'ERF, il suffirait que les paroissiens s'engagent à y
participer. . Ce fut accepté. Qui fut dit fut fait. M. Péclard
était enchanté de cette décision, lui qui n'avait
pas ménagé sa peine ; et le petit temple de Conflans
a vu le jour. Le " Foyer Albert Schweitzer "fut inauguré
le dimanche 8 octobre 1967sous la présidence du pasteur Hert,
président régional, des pasteurs Gonin d'Argenteuil,Esposito-Fares
de Sarcelles, Aeschimann de Taverny, tous les membres du Conseil
Prebytéral dont MM. Gardien, Longfier et Wyss, ainsi que
MM. Berrurier maire et conseiller général, Lelong
et Chaval maires-adjoints, les abbés Thurel et Hurault, Carpentier
et son vicaire, etc
C'était la récompense d'une longue attente, en particulier
pour les démarches qui ont duré plus de deux ans.
Dans ce Foyer tout fonctionnait normalement : les cultes, l'école
biblique, catéchisme, et d'autres réunions. C'était
avec joie que les conflanais s'y retrouvaient tous les dimanches.
Comme toujours nous avions des rencontres Pontoise-Conflans, mais
les fêtes de Noël avaient lieu dans les deux temples.
Il faut ajouter que, pendant la construction qui a duré plusieurs
mois, le Directeur de la Maison de Retraite " Richard Garnier
", ami sympathisant, a eu la gentillesse de nous prêter
gracieusement une salle (attenante à la morgue), ce n'était
pas négligeable et nous avons apprécié son
offre.
Ce petit temple a beaucoup servi ; Que de rencontres, de mariages
et cérémonies de toutes sortes.
Un autre problème a surgi, à Pontoise, cette fois.
Le temple était trop petit, de construction légère,
et commençait à avoir besoin de sérieuses réparations.
Il était impossible d'agrandir, le terrain étant très
étroit, dans la rue Thiers, rue en pente raide. C'était
au moment où il y avait un grand projet sur Cergy : une ville
nouvelle était prévue pour 200 000 habitants. La construction
débutait dans un quartier contigu à Pontoise et à
Eragny ; Alors pourquoi ne pas construire un temple dans ce quartier
ouvert sur une grande population ? Le Conseil Régional était
d'accord. Aussitôt tout le monde s'est mis à l'uvre
: recherche de l'emplacement, d'un architecte, etc
.M. Péclard
s'y était impliqué activement. Une très belle
maquette avait été présentée et faisait
l'unanimité. C'était tout-à-fait ce qui convenait.
Il y eut un concours de circonstances très malheureux.
M. Péclard arrivant à la fin de son mandat, le Conseil
Presbytéral a jugé utile de se réunir, sans
lui, pour discuter de ses possibilités. Un paroissien de
Pontoise, M. Gilbert a cru bon de faire remarquer que M. Péclard
arrivait en fin de carrière ; il ne lui restait plus que
la durée d'un mandat ; et il a attiré l'attention
sur le fait que dans cette grande ville il aurait un travail monstre
qui serait peut-être trop harrassant pour lui. Ce n'était
pas judicieux puisque la grande ville était encore à
l'état embryonnaire, elle démarrait seulement et il
lui fallait encore beaucoup d'années pour qu'elle atteigne
le but prévu. Au moment du vote, quelques dames, pensant
rendre service à leur pasteur, ont cru bon de voter contre
la reconduction de son mandat. Et la majorité n'a pas été
obtenue !....Tout le monde en a été consterné,
et sans doute pas autant que notre pauvre pasteur, attaché
comme il l'était à sa paroisse et à ses paroissiens.
Il avait mis dans ce projet tout son coeur, toute son ardeur ; Il
ne donnait pas l'impression d'un homme fatigué. A la réunion
officielle du Conseil, il avait eu le temps de digérer un
peu cette déception. C'était un homme qui se résignait.
Il a déclaré la mort dans l'âme, qu'il valait
peut-être mieux partir, puisqu'il n'avait pas eu l'unanimité
à la réunion préparatoire. Au grand désespoir
de ceux qui souhaitaient le garder.
haut de la page
Sur cette décision, il a fallu envisager de chercher un
autre pasteur. Et brusquement tout a changé de direction.
Le Conseil Régional a pensé qu'il fallait mettre un
homme jeune, et de construire, non un temple traditionnel mais un
Centre de Rencontre, où seraient mêlés le spirituel
et le social. Ce fut l'arrivée de Gérard Gougne. Il
n'était pas pasteur, n'ayant pas fait des études complètes
de théologie ; c'était plutôt un animateur.
Chacun devait donc s'adapter. Malheureusement ses idées avancées,
surtout vis-à-vis de la, jeunesse lui ont porté préjudice
auprès de bon nombre de paroissiens. La spiritualité
fut remplacée par la politique et la sexualité. Il
n'incitait pas les jeunes à respecter leurs parents ; ce
qui a provoqué bien des problèmes et mêmes des
dégâts dans certaines familles. De plus il abordait
les gens d'une façon cavalière ; il disait lui-même
qu'il aimait choquer. C'est un fait certain. A tel point que les
cultes ont été petit à petit désertés
à Conflans ; les paroissiens ne se trouvaient plus à
leur place dans le temple où tout était mis en question.
A bout de deux années d'errements, Louis Wyss prit l'initiative
de faire un sondage auprès des paroissiens afin de savoir
pour quelle raison, ils ne venaient plus, et ce qu'ils souhaitaient
trouver dans leur paroisse. Les réponses sont arrivées
en grand nombre, et elles étaient favorables à un
retour à des activités normales, et souhaitaient avoir
un pasteur traditionnel. Il fallait faire quelque chose. Aussitôt
un groupe s'est formé, qu'on pourrait appeler " dissident
".
.Des personnes du Val d'Oise, M et Mme Gorini, puis
d'autres de toute la paroisse, ayant appris ce qui commençait
à bouger à Conflans, sont venues se joindre à
nous. Nous avons obtenu l'autorisation du président du Consistoire,
Richard Sautter, qui comprenait très bien notre situation,
de reprendre la salle pour faire des cultes, ainsi que d'autres
activités, à condition d'être accompagnés
par une autre paroisse.
Mais la salle du " Foyer Albert Schweitzer " avait été
prêtée à des jeunes ; tous avaient la clef.
Nous avons pu nous en procurer une, et nous avons été
surpris en ouvrant la porte de voir au milieu, sur un tapis rouge,
toute une installation d'instruments de musique, sono etc
.les
bancs étaient empilés les uns sur les autres autour
de la salle tout tachés de jus fruits, et de brûlures
de cigarettes, ainsi que les chaises, la chaire et la jolie petite
table de communion qui n'avait plus raison d'être à
Pontoise et qui avait échoué à Conflans ; il
y avait même un trou dans le plancher ! Nous étions
horrifiés. Ces jeunes étaient complètement
livrés à eux-mêmes. Faire de la musique n'était
pas un mal en soi ; mais ils jouaient parfois tard le soir, et les
voisins se plaignaient de tapage nocturne et appelaient assez souvent
la police. De toute manière, ce n'était pas la destination
première de la salle, elle était prévue pour
des activités plus spirituelles.
Dons, après avoir tout remis en ordre, M. et Mme Gorini
se ralliant à Conflans ont trouvé un prédicateur
et nous avons décidé de commencer les cultes pour
la grande satisfaction de tous. Nous étions nombreux à
ce premier culte ; c'était encourageant. Plus tard, au cours
d'une réunion à Cergy en présence du président
du Conseil Régional Louis Simon et M. Cornette, nous avons
obtenu leur accord.
Nous nous réunissions régulièrement, et petit
à petit bon nombre de paroissiens venus de tout le Vald'Oise,
jusqu'au Vexin se regroupaient. Ce n'était donc pas inutile.
Nous nous étions constitués comme une paroisse normale,
non pas en " Conseil Presbytéral ", mais en "
Conseil de Responsables " de 10 à 12 membres, qui devait
gérer cette communauté naissante. Ce petit groupe
fonctionnait bien, sachant que notre situation était provisoire
et qu'elle durerait jusqu'à l'arrivée d'un autre pasteur
à Pontoise. Mais nous étions des " brebis galeuses
" pour ceux qui n'étaient pas d'accord avec nous
..Peu
importe.
Nous devions être accompagnés tout d'abord par M.
Lecomte de Saint-Germain. Il venait présider le culte un
dimanche par mois, et se chargeait des catéchumènes.
Un dimanche catéchétique par mois, il réunissait
à Conflans, les jeunes de Conflans et de Saint-Germain ;
tous appréciaient ce dimanche, un peu récréatif
; en dehors du culte et du catéchisme ils se précipitaient
autour d'un bon goûter. Nous faisions parfois, ce même
dimanche, le ciné-club. Notre ancien pasteur Henri de Tienda
nous fournissait les films, et menait le débat avec Mady.
Les cultes ont toujours eu lieu régulièrement, ainsi
que l'école biblique des enfants, assurée les premières
années par notre ami Marc Seguin, de la paroisse d'Enghien,
désigné par le pasteur J.C.Dubs qui voulait nous venir
en aide.
Les Ventes Kermesses battaient leur plein et attiraient beaucoup
de monde ; à l'époque nous étions aidés
de tous les côtés, la marchandise de toute sorte ne
manquait pas, chacun s'ingéniait à faire quelque chose
pour que ce soit une réussite. Les acheteurs étaient
nombreux : paroissiens, amis ou sympathisants y contribuaient. Tout
marchait très bien. Conflans prospérait.
haut de la page
Au départ à la retraite de M. Lecomte, M. Hédrich
de Poissy nous a accompagné pendant un an. Il faisait comme
son prédécesseur, mais en plus, une étude biblique
à Bréançon, chez une paroissienne amie qui
ne pouvait plus de déplacer ; ensuite il portait la Ste Cène
à Mme Tolman, pensionnaire handicapée à la
Maison de Retraite de Conflans. Il faut ajouter que depuis le début,
c'est-à-dire dès 1975, consécutivement, et
pendant des années, un pasteur à la retraite, qui
avait occupé le poste de Saint-Germain durant 25 ans, professeur
de théologie, puis président de l' "Alliance
Biblique ", P. Ch. Marcel venait assurer des cultes une fois
par mois. Il s'était beaucoup attaché à notre
groupe, et par amitié il nous a offert un petit orgue électronique,
pour remplacer le vieil harmonium devenu poussif. Il a assuré
en tout 120 cultes à Conflans. Puis, étant en mauvaise
santé, il a cessé ses nombreuses activités
pour une retraite définitive bien méritée.
Au départ à la retraite de M. Hédrich, le
Conseil Régional nous a envoyé un étudiant
de 2ème année de théologie, Thierry Legrand.
Il a fait ce qu'il pouvait, plein de bonne volonté ; bien
que n'étant pas sur place, il faisait quand même des
cultes et des visites, ainsi qu'un réunion de jeunes post-catéchumènes,
et des études bibliques. Ses explications n'étaient
pas toujours ce que nous en attendions, mais sa jeunesse l'excusait.
Depuis, il a beaucoup évolué. Il est maintenant, après
plusieurs années d'études plus poussées, professeur
à la Faculté de Théologie de Strasbourg. Ses
méditations dans " Parole pour tous " méritent
d'être lues.
Thierry n'étant resté qu'une année, M. René
Pénisson, pasteur retraité fut nommé pour prendre
la succession. Il a passé beaucoup de temps à Conflans,
faisant un travail de fourmi qu'il prenait à coeur. Il faisait
des cultes, et sans que nous nous en doutions, de nombreuses visites.
Son passage a été bénéfique. Mais à
ce moment, M. Faba ayant été nommé à
Cergy, le Conseil Régional a jugé que Conflans pouvait
rejoindre sa paroisse d'origine, comme prévu, et nous le
souhaitions aussi. Une réunion a eu lieu à Cergy,
en présence du président régional, M. Leplay.
haut de la page
Le Conseil Presbytéral de Cergy n'était pas favorable
à ce que les cultes continuent à Conflans comme par
le passé ; on peut même dire qu'ils étaient
absolument contre. Nous ne comprenions pas pourquoi ce refus, alors
que le cultes de Conflans ont toujours existé. Nous étions
dans l'impasse. Une autre réunion à Conflans, un peu
plus tard, en présence du pasteur Leplay et M. Cabanis, membre
du Conseil Régional, s'est déroulée dans une
complète incompréhension. Chacun défendait
son point de vue. Il était clair que le Conseil Presbytéral
de l'époque, à Cergy, nous rejetait ; c'était
à nous de nous conformer. Nous nous opposions à abandonner
les cultes de Conflans. A force de chercher des solutions, nous
voyant si récalcitrants, ils ont décidé de
mettre fin à l'aide qu'apportait M. Pénisson pourtant
si efficace. Du même coup nous perdions aussi nos amis Gorini
qui se sont ralliés à Cergy, pensant y être
plus utiles ; cependant ils étaient très précieux
dans notre groupe. Nous étions donc obligés de nous
débrouiller par nous-mêmes, faisant appel aux pasteurs
qui nous ont toujours soutenus, et aux différents prédicateurs
laïques.
M. Pénisson est resté à Conflans de septembre
1984 à juin 1987. Son dernier culte fut mémorable.
Il a été perturbé et même interrompu.
Un paroissien qui était venu troubler le premier culte (sans
doute envoyé délibérément), mais qui
s'était par la suite rattaché à Conflans a
fait un malaise cardiaque. Mme Pénisson, infirmière
, le voyant basculer sur son banc, s'est précipitée
sur lui ; M. et Mme Génisson, médecins à Char,
et un secouriste, M. Drevet qui assistaient au culte lui ont tout
de suite porté secours en l'allongeant sur le banc. Il allait
de plus en plus mal. Son cas était angoissant, nous le voyions
très mal. M. Génisson lui a fait un massage cardiaque
pendant que sa femme appelait le SAMU. Nous avions abandonné
notre place, et impuissants, nous étions tous consternés.
Finalement il a été transporté à l'hôpital
où un peace maker lui a été posé. Que
d'émotion pour ce dimanche d'adieu !
Le Conseil Régional est revenu à la charge quelque
temps après. Comme nous étions de mauvais sujets,
et que nous ne voulions pas nous plier à ses propositions,
il nous a conseillé de nous adresser à une autre paroisse
qui voudrait bien nous prendre en charge. Nous nous sommes alors
adressés à J.C.Dubs qui venait d'être nommé
à St-Germain et que nous connaissions. Il a accepté
malgré ses nombreuses occupations. Il devait faire un culte
par mois, et nous devions trouver des prédicateurs pour les
autres dimanches. C'est à ce moment que nous avons connu
Georges Jacquet ; il venait très régulièrement
et nous nous sommes liés d'amitié.
Ensuite, M.Dubs a pris sa retraite et s'est installé à
Conflans. Il nous avait proposé, puisqu'il pensait avoir
plus de temps, de nous aider, en particulier pour les jeunes. Un
nouveau pasteur l'a remplacé, à St-Germain, J.C. Robert.
Là il y eut un problème car M. Robert voulait être
seul à s'occuper de Conflans. Il disait : " Je suis
le pasteur de St-Germain et de Conflans ", et il ne voulait
l'aide de personne dans sa paroisse. Il avait donc refusé
l'aide de M. Dubs. Il avait beaucoup de travail, d'autant plus qu'il
était musicien et qu'il menait les deux activités
de front. Au bout d'un certain temps, il nous a invités,
Jérôme Boutelier et moi, à un Conseil Presbytéral
de St-Germain. C'est au cours de cette réunion que M. Robert
nous a annoncé qu'il n'avait pas le temps de s'occuper de
Conflans, et qu'il fallait se débrouiller par nous-mêmes,
(encore un fois) ; et un conseiller de St-Germain, Georges Jacquet,
que nous connaissions déjà s'est engagé à
nous aider en venant une fois par mois. M. Robert nous a fortement
conseillé de nous adresser au Conseil Régional afin
de trouver un solution. Ce que nous avons fait.
haut de la page
Avec l'usure du temps, il y a eu des départs en province,
des décès, un vieillissement des individus, et tout
est devenu difficile à gérer. La seule solution possible
était de se rattacher à Cergy. Le président
du Conseil Régional, que j'appelais souvent, répondait
imperturbablement qu'il s'en occupait et chaque fois il me disait
que les démarches avançaient avec Cergy, mais il n'en
était rien. Personne n'était au courant à Cergy.
C'est ainsi qu'au bout de deux ans, avec le nouveau pasteur André
Lanvin le rapprochement fut envisagé sérieusement.
Nous l'avions rencontré en certaines circonstances et nous
avons pu l'apprécier, comme étant dans une ligne de
l'Evangile qui nous convenait.
C'est le 8 juin 98 que la réinsertion de Conflans et de
Cergy a été décidée et acceptée,
en présence du pasteur Viollet. Le Conseil Presbytéral
de Cergy restait sur ses positions concernant les cultes à
Conflans, et surtout la présidente. La mort dans l'âme
il a fallu capituler ; nous n'avions pas d'autre solution. Le rattachement
fut effectif à partir du 21 juin. Nous avons trouvé
à Cergy une paroisse sympathique dans l'ensemble. Nous avons
été bien accueillis ; finalement il n'y avait que
Raymond Boucton, sa fille Liliane, et moi qui allions aux cultes
; certains ne pouvaient pas se déplacer, d'autres hésitaient
à franchir le pas. Il faut dire que la population protestante
de Conflans avait presque disparu, et les nouveaux habitants étaient
dirigés plutôt vers Poissy ou St- Germain. Le Val d'Oise
avaient déjà rejoint Cergy.
La vie à Conflans avait été très riche,
grâce à tous les pasteurs qui nous ont aidés
pour célébrer les cultes, et autres cérémonies
qui n'ont pas manqué pendant tout ce temps ; c'est-à-dire
surtout depuis 1975. Nous avons eu ainsi, en cette période,
les différents pasteurs du Consistoire : Richard Sautter,
Philippe Bertrand, les présidents du Conseil Régional
: M. Rigaux, M. Rigoulot, ainsi que Mme Dumas, etc
Nous n'avons
que des remerciements à leur adresser, ainsi qu'à
tous les pasteurs et les prédicateurs de la région
qui se sont manifestés, conscients que nous étions
une communauté sérieuse, et que nous tenions à
rester dans la ligne de l'Eglise Réformée.
Maintenant, quelques années plus tard, l'E.R.F. a repris
les Centres, et nous sommes à Cergy, à nouveau dans
une paroisse gérée par l'E.R.F. C'est le pasteur Andras
Kutasi qui y exerce son ministère. Depuis son arrivée
la paroisse prospère.
S'il y a un regret, c'est celui d'avoir abandonné notre
petit temple, nous y avions tant de souvenirs, il était le
témoin de tant d'événements ! Regret aussi,
en particulier, celui de n'avoir pas su continuer ce que nos aînés
nous avaient préparé. Nous avons certainement manqué
de vigilance
. .
Simone Wyss
J'ai tenu à faire ce récit, car les paroissiens se
sont beaucoup renouvelés dans cette région, et par
conséquent, la majorité de ceux qui sont là
actuellement ne savent pas comment fonctionnait notre Eglise par
le passé ; et Conflans reste ignoré comme groupe actif,
qui a toujours existé en parallèle avec le centre
paroissial de Pontoise. Maintenant ce groupe est très minimisé
du fait qu'il ne s'y passe plus rien, et Conflans étant situé
sur les Yvelines, les nouveaux à la recherche d'une Eglise
se dirigent, tout naturellement, vers Poissy, et même Saint-Germain,
alors que notre paroisse officielle est " Cergy-Pontoise, et
environs ". Avant l'existence de Cergy, c'était "
Pontoise, Conflans et environs ".
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