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Dieu nous a confié la Terre
C'est dans l'air du temps
Alerte, catastrophisme, réchauffement de la planète,
fonte des glaciers et montée du niveau de la mer
Des images de planète polluée, de fruits et légumes
immangeables car imprégnés de pesticides, de nappes
phréatiques asséchées et chargées
de nitrates, de pandémies, de centrales nucléaires
qui seraient des bombes à retardement dont on ne saurait
par ailleurs pas recycler les déchets.
Les politiques s'en emparent : Grenelle 1, Grenelle 2,
emphase
dans la voix et promesses électorales
de celles qui
font effet d'annonce et qui sont oubliées dès qu'il
faut passer à l'acte.
Les média s'en font le relais quand un ancien vice-président
des Etats-Unis (Al Gore) obtient grâce à un message
filmé un Nobel de la paix ou quand un condensé de
belles images assorti d'un commentaire à tendance lénifiante
rassemble selon ses auteurs la terre entière devant sa
télévision ou internet (Home).
Tout ça, c'est le " bruit ", mais où sommes-nous,
chacun d'entre nous, dans cette spirale
alarmiste ?
Nous sommes les habitants de cette planète, et, nous l'oublions
trop souvent, l'être humain que Dieu a créé
en lui confiant cette terre : " Le Seigneur Dieu prit l'homme
et l'établit dans le jardin d'Eden pour cultiver le sol
et le garder " (Gen 2 v. 15). Le garder, le conserver, le
préserver, l'entretenir
En fait, un appel à la responsabilité, individuelle
aussi bien que collective. Non, ce n'est pas l'affaire des autres
mais c'est bien mon affaire à moi, celle qu'on m'a confiée.
Pour reprendre cette image de la terre que je dois conserver et
transmettre à mes enfants et à leurs descendants,
je citerai Saint Exupéry : " On n'hérite pas
de la terre de nos parents, on emprunte la terre de nos enfants
". Quand j'emprunte quelque chose, je dois le rendre, en
bon état
Or, que se passe t-il ?
L'année dernière, en 2008, au mois de septembre,
la population mondiale avait déjà consommé
ce que la terre avait produit au titre de l'année entière,
ce qui signifie que pendant les 3 mois suivants, elle a pris dans
les réserves. Quand on consomme plus que ce que l'on produit,
on s'appauvrit, on grignote le capital. Sûr que dans ce
cas là on ne peut pas rendre la même chose que ce
que l'on a emprunté !
Pour mettre cela en image, c'est comme si après avoir mangé
les pommes que l'arbre avait produit cette année là,
on avait mangé l'arbre : il est certain que quand c'est
le cas, l'arbre ne sera plus là pour produire des pommes
l'année suivante !
Et si, parmi nos réflexions de l'année, on prenait
le temps de se pencher sur cette responsabilité ?
Jean-Jacques LUGBULL,
président du Conseil Presbytéral