Bioéthique : un document de la FPF
La Fédération Protestante de France vient
du publier un document dans le cadre de la préparation
des états généraux de la bioéthique
Ce texte ne définit
pas un magistère et n'impose rien, mais propose des éléments
de réflexion.
Deux points sont soulignés en préambule :
- L'homme ne peut se résumer à sa matérialité
corporelle. Il comporte une dimension spirituelle car "créé
à l'image de Dieu".
- Il n'y a pas d'éthique sans règle, mais la règle
ne peut l'emporter sur la recherche "de la vie bonne, avec
et pour les autres, au sein d'institutions justes " (Paul
Ricur).
Reconnaissant la pluralité, au sein du protestantisme,
des compréhensions en matière d'éthique biomédicale,
et conscients de la complexité du sujet, les auteurs se
sont limités à offrir des éléments
de réflexion susceptibles de former les consciences, et
de guider les intelligences et les pratiques. Sont abordés
:
- La recherche sur les cellules souches et sur l'embryon : le
statut de l'embryon donne lieu à différentes conceptions
au sein du protestantisme. Néanmoins un consensus se dégage
pour demander la minimisation du nombre des embryons surnuméraires
issus d'Assistance Médicale à la Procréation,
la recherche de solutions alternatives à l'utilisation
de cellules souches embryonnaires, le maintien du régime
actuel d'interdiction, sauf dérogation ponctuelle argumentée,
de recherche sur l'embryon.
- Les diagnostics prénatal et préimplantatoire :
la sélection parmi les personnes humaines potentielles
est jugée problématique, car la théologie
protestante affirme que la valeur de l'être humain ne dépend
pas de ses caractéristiques physiques et intellectuelles.
Mais peut-on contraindre les parents à assumer une charge
au-delà de leurs forces ? En outre, les décisions
résultant de ces diagnostics sont parfois biaisées
: pronostics "par précaution", consentement influencé
par la pression sociale,.... Enfin, on peut craindre une extension
progressive vers la détection de la simple prédisposition
à certaines maladies. Le texte demande donc une grande
attention aux risques de dérives eugéniques, une
politique active d'accueil des personnes handicapées, une
veille à la qualité de l'information des couples
concernés, et lance un appel aux Eglises pour qu'elles
proposent des entretiens avec des personnes formées.
- L'Assistance Médicale à la Procréation
(AMP) : affirmant qu'il n'y a pas de "droit à l'enfant",
mais constatant que l'AMP est un moyen pour de nombreux couples
de surmonter une stérilité, les auteurs demandent
que l'on minimise le nombre d'embryons sur-numéraires,
que l'AMP soit pratiquée dans un cadre parental "ordinaire"
(union stable entre un homme et une femme) afin de minimiser le
risque de dislocation du lien familial, que soit permis l'accès
aux origines tout en préservant la filiation sociale, et
que soit conservée la gratuité du don.
- Le don et la greffe d'organes : reconnaissant l'aspect altruiste
du don d'organe, mais aussi la complexité du rapport au
corps, il est demandé que le principe du consentement présumé
soit maintenu, que les convictions du donneur potentiel, la souffrance
éventuelle de la famille du donneur et la liberté
de décision des donneurs vivants soient respectées.
- La médecine prédictive : le principe en est approuvé
sous réserve qu'elle ne se limite pas à une information
potentiellement source de discrimination, mais débouche
sur une prise en charge thérapeutique effective. Les diagnostics
pré-implantatoires doivent être limités aux
seules maladies de survenue et de gravité certaines, pour
éviter toute dérive eugéniste.
Jean-Louis PY
(Texte intégral - 8 pages - disponible sur :
http://www.protestants.org/fileadmin/user_upload/Protestantisme_et_Societe/documentation/bioethique-090520.pdf)
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